Etienne Rolin 2019 Résumé

Une année dense : Première année complète suite à ma retraite du conservatoire de Bordeaux. projets musique peinture éditions et écriture. En effet le thème émérgeant et titre de mon livre est le Points de fuite musique et Peinture un dictionnaire amoureux d’art. L’Edition Hody m’a proposé des contrats pour pliusieurs oeuvres dont : Automâtes Rêveurs pour quatuor de plectres, Philtres Baroques pour Duo d’hautbois et Aphorismes III pour saxophone basé sur les raga Hindustani. Actuellement en préparation pour mes concerts en apartment :

les Rolinades

le 6 décembre 2019 soirée percussions et saxophones

le 14 décembre 2019 trio Vents electro acoustique et Karlax

Concerts-expositions en janvier 2020 :

le 8 janvier à Bordeaux à la Machine à Musique et a l’Institut Français à Budapest du 15 au 19 janvier avec en final au New Music Festival un concerto pour synthétiseur (György Kurtag jr) et ensemble à discipline mixte sous ma direction en soundpainitng.

Résidence de compositeur soundpainter

Conservatoire Ivane Bellocq à Mayenne du 1 au 4 avril 2020

Stage suivi d’un concert avec en première partie :

Quartet Etienne Rolin qui acceuillera Walter Thompson, piano, György Kurtag synthé et Luc Lainé, vibraphone et échantillons création des Erolgrpahs.

en deuxième partie

Concerto pour trio d’impro et Ensemble du conservatoire (professeurs et grands élèves) ecriture et Soundpainitng E.Rolin

Réflexions novembre 2019

En conclusion de mon livre Point(s) de fuite Musique-Peinture mon dictionnaire amoureux de l’art je partage ceci :

Dans la grande sphère artistique, on pourrait se demander : sur quelle planète habitons-nous ?

Notre demeure serait -t-il un univers à l’envers de modes et de conventions sociales. ?

Peut-on s’appeler créateur ou artiste, si on vit en dehors du monde ?

J’avancerais l’idée que l’artiste est un individu qui n’invente ni le son ni la lumière, mais, par contre laisse passer le son et la lumière dans son corps et dans son esprit. En tant qu’artiste polyvalent, je capte et transforme des énergies vibratoires créant ainsi un pont entre mon monde intérieur et le monde extérieur.

Cette démarche implique un sens aigu pour l’observation de phénomènes sonores et visuels ainsi qu’une compréhension des mouvements dans l’histoire de l’art. Ma technique s’est acquit par de longues années de pratique auprès de maîtres de musique ainsi qu’avec des rencontres avec le milieu des praticiens des arts visuels. Renonçant à la seule méditation des concepts et de rêveries introspectives, il me semblait opportun au travers ce dictionnaire amoureux de définir des termes avec les mots et points de vue personnels et de les couler dans le cadre ce fascicule. Ce sont les concepts qui frôlent mon esprit et qui s’infiltrent au sein de mon activité créatrice.

Sollicitons tous nos sens

Pour célébrer l’instant présent

Appelons Dyonisius et les cinq sens

pour s’enivrer dans la mouvance de l’art

muni  d’ un sixième sens pour bâtir

préserver et partager subtilement

 images et sons rêvés

Livre en préparation

Témoignant des croisements passionants entre mes deux disciplines de prédiliction, j’articule, à travers ce livre ma pensée artistique en ce fin d’année 2019. Ceci est un projet à la suggestion de l’Edition Delatour.

Point(s) de Fuite Musique-Peinture

 

Avant -Propos

Depuis ma prise de retraite en tant que professeur au Conservatoire de Bordeaux, je m’adonne avec bonheur à l’art de la musique autant qu’à celui du dessin et de la peinture. Musicien de formation, ma carrière s’est construite entre musique improvisée, jazz et écriture contemporaine.

J’ai eu la chance de côtoyer des artistes dans tous les domaines artistiques et leur fréquentation stimulante a nourri mon désir d’élargir recherche et pratique interdisciplinaire au fil du temps.

Les arts plastiques sont devenus un compagnon naturel de ma création musicale depuis 1990 au travers des performances avec mes propres installations ou bien en illustration d’œuvres d’autres artistes. Cette double pratique dans laquelle je continue de me façonner, me conduit aujourd’hui à chercher à en établir les contours, à réfléchir à ce qui relie la musique et la peinture. Quelles sont les convergences entre les deux disciplines que l’on traite, habituellement séparément ?

Chacune possède sa propre technique et ces matériaux. Je les expérimente depuis longtemps et j’en explore les échos et les effets de miroir qu’elles me renvoient. Quand je réalise un dessin, j’entends une partition sonore. Quand je joue ou quand j‘écris de la musique, je vois des formes et des textures colorées. Le processus de création qui me relie à elles est devenu commun et, à les fréquenter chacune, je ressens l’enrichissement de l’effet qu’elles exercent sur moi l’une à travers l’autre.

Chaque discipline relève d’une gestuelle qui procède d’une maîtrise consciente des matériaux utilisés. Musique et peinture sont intensément vibratoires et le « swing » que j’opère entre elles deux décuple l’intensité éprouvée par mes sens, intensité que, peut-être, le spectateur ou l’auditeur partage.

Musique et la peinture impliquent à la fois technique de composition et improvisation.Dans les deux domaines cela m’est devenu une nature seconde d’improviser afin de dépasser les limitations de ma pensée consciente et de m’adapter à des configurations musicales et picturales inédites. Dans la composition je pose un cadre formel dans lequel je laisse une ouverture à des évènements bouleversant le projet initial (contradictions, déviations, hésitations, rêveries) je me laisse ainsi conduire par le flux et le reflux des mouvements conscients et inconscients qui construisent l’œuvre.

En tant que pédagogue, j’ai rencontré peu de jeunes artistes ayant une compréhension profonde de plusieurs disciplines et j’ai pu constater que nos institutions produisent plutôt des spécialistes que des artistes polyvalents formés à plusieurs métiers d’art. Les salles de concert et d’exposition officielles restent conventionnelles et l’art qui est présenté me déstabilise peu. Je pense qu’il faut chercher l’avenir de l’art dans les milieux alternatifs et au carrefour entre plusieurs disciplines car l’interdisciplinarité génère une pensée plus large et plus complexe qui me semble seule à même de créer les conditions pour qu’adviennent des œuvres capables de nous bouleverser aujourd’hui.

Un ami peintre et improvisateur m’a suggéré qu’il faudrait sans doute faire appel à une troisième discipline, la littérature, pour dénouer le mystère des liens entre musique et peinture. Sans parler de capacité littéraire, votre modeste serviteur est plus à l’aise dans la forme aphoristique que dans le style romanesque. N’étant pas non plus un scientifique rédigeant une thèse, j’ai choisi le style, plus adapté à ma personnalité, du dictionnaire amoureux comme cadre d’écriture pour présenter mes réflexions esthétiques.

Ce format de l’Abécédaire personnel me permet un auto-questionnement bilingue car mes origines belge-américaines font que certaines définitions surgissent soit en français lorsqu’elles sont techniques soit en anglais (ma langue maternelle) lorsqu’elles sont sensitives voire émotionnelles. Certains termes s’appliquent étroitement à la fois à la musique et à la peinture. Il y a des termes communs avec des significations propres à chaque discipline (chromatisme, contrepoint, densité etc.).

Ce livre présente ma démarche de recherche du point de fuite musique-peinture. Le titre Point(s) de fuite peut aussi annoncer qu’il n’y a pas d’issue, et que je ne peux pas échapper à l’emprise de l’art sur mon être.

Loin des définitions à portée universelle, il témoigne le plus fidèlement possible de ma pensée et de ma trajectoire depuis près de quarante ans. J’aimerais qu’il puisse stimuler la réflexion de mes lecteurs et qu’il féconde l’esprit de celui ou celle qui y trouvera des liens de parenté artistique.

Chez Hody Musique : Publications 2019 

Automates Rêveurs pour quatuor de plectres

Philtres Baroques pour 2 hautbois (ob.am, C.A.)

Aphorismes volume 3  11 pièces pour saxophone solo basées sur les ragas Hindoustani.

En préparaion:

Erolgraphs pour quatuor d’improvisateurs dans le cadre de ma résidence en Mayenne. 4 avril 2020

Concerto pour trio Impro et Ensemble (direction en soundpainitng et palettes écrites) Mayenne 4 avril 20201

Septuor Synthèse 

Pour la classe deMarie B. Charrier Bordeaux  :

Fl en sol 2 Sax Sop/bar Vibra, Mar, Vln Vlc

création en juin 20201

Crosspaths for the classical Conductor and the Soundpainter

via English Page

 Crosspaths for the classical Conductor and the Soundpainter

  With an approach to live composition and improvisation

Etienne Rolin composer soundpainter improvisor pedagogue

  Many and many performances and discussions about the growing Soundpainting phenomena lead me a necessary reflection on the similarities and distinctions to be made between conducting and  soundpainting. On one hand many people ask me : « How is it possible to direct a group of improvisors or an ensemble with no score ? » There are musiciens when leaving the and jazz and improvised conduction concerts that ask for more space for freedom of expression.

Finally, the debate could be resumes as such how does the individual find his own sense of freedom of expression within a collective group. And subsidiary question : from what number or size of the ensemble  do we need to call an orchestral leader playing the role of external ear making decisions for the group?

As a preamble to this article, lets us define the respective roles of the conductor and the soundpainter. The Conductor as with the choir director must bring to and guarantee the public of a faithful rendition of the score in question. His means rest on an analysis and rehearsal of the inherent structures of the work to be performed. Considering the soundpainter, his rehearsals will be more concerned  with  the possibilities of game play emerging from this sign language for the performing arts. He allows himself at the moment of the performance an open space with freedom to change or choose varying strategies of composition.

So in one case we have the precision and true reproduction of the musical text  in collaboration with the ensemble. In the other case we have a sonic ceremony full of surprises and risk, allowing room to invite « chance » to the party. Nevertheless there are examples of twentieth century compositions where we can witness a convergence between chosen directions and chance results. The works of Boulez (Eclats) and Earle Brown (Available Forms) come to mind as both composers use notated sequences that can be reordered by the chef at the moment of execution.

We can speak of open forms (I recommend  Umberto Eco, «Opera Aperta ) that will give birth to a kind of open conduction. The human  body is naturally expressive but more so  in soundpainting since the arms hands and eyes become a virtual score drawn in front of the ensemble. Thanks to a gesture « Shapeline », the soundpainter offers himself momentarily  as a dancing  show man with the ensemble reacting as in a free interpretation of a silent movie.

In other circumstances, the soundpainter, in « virtuoso » mode, can call upon « Split body » and direct two halves of his group. This body split into two independent parts can be a challenge : having one group crescendo on the left and a decrescendo on the right ; tempo rallentando on the left and sharp attacks on the right  even double glissandi in contrary motion etc…

It often occurs that some soundpainters will choose to use a score with short sequences or Palettes which are determined in advance and rehearsed by the group. A rare but evocative example was Walter Thompson’s project Soundpainting Haydn  where he took many sequences of the Cello concerto in C major. Upon listening, there was  an explosive encounter between two musical ways of thinking.  Almost as a child exploring a toy just broken, the soundpainter explores the elements of the musical construction and proceeds in an interplay of construction deconstruction reassembling the parts to form a new sonic object..

This coming and going between construction  and de-construction has become one of the challenges for today’s creative musicians.Concerning the question of sound, it is relevant to both ensemble directors to shape the sound of the group to keep an equilibrium to ensure the clarity of the individual parts and  to keep a coherent formal plan of the work.

Philosophically speaking, we should  consider the divergent goals as well : the direction of the written score is a pre-determined space with predictable end point. Soundpainting  when approached with an open mind invites all to a space of discovery whereby the soundpainter seeks to extract the richness of invention from his ensemble. In this new framework, the question of finishing the work is replaced by the question how to prolong the interplay of the sonic adventure.

Somewhat similar to   phenomenologist, the soundpainter will question his experience with a critical consciousness adjusting in real-time the objects of his auditive perception. The comprehension of this sign language invites the spontaneous expression of the  imagination of the performers, while demanding triggered actions that require a compositional modeling in real-time.

Taking an analogy from the visual arts, the soundpainter works « al fresco » constantly modeling the sonic materials that are presented, emerging in the instant.

The analysis time for the soundpainter is in the moment and  equivalent  to a television operator making choices between three cameras for the live broadcast of a sporting event.

By contrast, the analysis time for a classical conductor is infinite, since is interpretation of a work may undergo many changes over a period of years. Cognitively speaking, both conductor and soundpainter are called to extreme attention to small details with enormous quantities of information to process.I would add a slight plus on the soundpainter side : the latter is obliged to bring forth a form from the potentialities of his ensemble. He is therefore simultaneously conductor and composer and must keep  eye and ear  on the structural equilibrium of materials used as well as having good judgement when considering the proportions of the different sections of a work. Even in the absence of a score and signing a creative orchestra making individual choices, the conductor is entitled to call himself the composer of this specific event.

My rich encounters  with  Walter Thompson between  2007 et 2017 have shown me the complexity of the cognitif control of the soundpainter.  This is especially clear when performers make mistakes or the is a technical malfunctioning (lights off ! stands falling etc.) How do adapt to an apparent chaos keeping one‘s calm  is achieved by resorting to the language. The richness of this language allows us to find a way out of a crucial on-stage problem. Despite all appearances of great liberty in Soundpainting,   the notion  of  improvisation (one sign out of  1500) should be replaced  the concept of real-time composition.

Creativity recreation inventiveness giving shape and breathing life to the traditional or virtuel score (graphique , gestural etc…) are the foremost common goals shared by both classical conductor and soundpainter.

To answer the very first thoughts of this article, we need group of open minded artists willing to look at sign language carefully to understand the invitation to simultaneously explore sound and form. Concerning the minimum number of performers that would need an external ear, that answer is not scientific, but depends equally on the complexity and familiarity of the language. Ten performers playing Bach without a chef for the tenth time is feasible (the harpsichordist giving some nods is still useful) but it is often not possible with Berio or Boulez where moving time signatures make coherent rhythmic precision quite delicate.

Again, where the conductor is primarily giving clear down beats and entrance cues in contemporary scores, the soundpainter is always opening playing spaces inviting a soloist or group  to develop the musical process on collective free will.  Acting on the intuition of the instant while always thriving on the richness of the risks, this sums up the soundpainters’ job. 

How does one become a soundpainter ? 

Consider the fact that many great composers took up the baton to direct their own compositions : Boulez,Maderna, Berio, Stockhausen, Earle Brown, John Adams etc… The aspiring combustion student must not only come to grips with conquering his own language and notational choices

but must be able to explain analytically and gesturally his acoustic world to performers and public. A new musical language implies it seems new gestural codes beyond the traditional beating patterns

Therefore to become a soundpainter we  must work on our body language and to move clearly as in a speech devoid of hesitation, stuttering or mumbling. We  start by signing in front of a mirror to control the image of oneself projected to his group; then the apprentice must get up regularly in front of a group of friends students and ultimately professionnels that may include other disciplines such as theater dance visual arts. The first steps are to build confidence between sound painter and performers giving all a clear vision of what is about to happen and where the phrase is going. We indicate a simple gesture long tone high register pianissimo then a go gesture ; we listen to the resultant chord/texture and modify if necessary the pitch the intensity or even keep thing as they are and calling this moment Memory 1.

We now have a reference point to come back to as a distant recall of thematic composition. Bartok claimed that any chord/aggragat if repeated often enough could be considered a tonic!

Directing a live opera would be the most complete form of cognitive control via Soundpainintg. In my own experience directing a multi-media performance (Cavern 3D) I was able to direct a chamber group with 9 voice choir singer actor live electronics and video artist all responding to Soundpainntg. With the video projection I could « cut in » create zooms and with a live camera I could direct the focus angle zoom transpose what was filmed in the moment  (myself) onto the screen.

We can also draw up palettes of traditional or graphic scores to rehearse form in one’s head and to find ways of connecting gestures that are esthetically pleasant to read and that of course give interesting results.  I have personally chosen to build a graphic system Erolgraphs putting the basic Soundpainting gestures into a time frame  that disciplines the body into a rhythmic way of signing.  Tringles squares and circles containing graphic pictograms help the construction of new phrases and also allows improvisors to think about quick strategy changes within the dynamic interplay of improvisation.

I can highly recommend the practice of the martial arts and basic dance technique when preparing the mental and physical preparation in the apprenticeship of Soundpainting. Both sides of the body should be of equal expressivity.

Although palettes (pre-written fragments) are welcome and included  in the syntax of the language, Soundpainting mainly  addresses the music directly, bypassing the written score. This language becomes a hands on process unhindered by the reading factor on the part of the performers. Indeed, it would be a utopian  goal if Soundpainintg could transform all performers into total listeners, those who are simultaneously conscious of detail and form, as if strangely  possessing a newly formed « third ear. »

This is where the questions of freedom of expression may be answered. In my mind, genuine freedom is born from hard work clarity of though solid technique a curious mind  open to all music styles an esthetic  spirit  that makes connections between all the facets of our tradition and the changing technology of the present day. Then with a refreshed attitude one starts over even looking the classic repertoire with new eyes and ears.

We can look at the Art function as a never ending questioning of our fragile relation to the immaterial world of esthetic exchange and  interaction.

Etienne Rolin

Bordeaux,  january 2018

Caverne 3D opéra multi-media N.A.S.A.

Bordeaux 2010
composition / direction E.Rolin.

http://youtu.be/mXQ_t8TcuEM

Farben Schöpfung, La création Colorée
Musée d’Aquitaine, Bordeaux Janvier 2013

Aquitaine composition / direction E. Rolin

https://vimeo.com/58384578  pass word : rolin

Work with PY-Oracle Program

Between June and July 2016 I had the pleasure of collaborating wiht Researcher Shlomo Dunbov of UCSD (San Diego, who was invited guest  at the Studio SCRIME in Bordeaux.

The PY-Oracle  Program is a system of improvisaton and musical analysis within the family of programs

built around the algorythyms Factor Oracle and Audo Oracle. Py-Oracle is the first program to use Audio Oracle a graphic structure  built starting with elements taken from a sound source.

We were able to produce three moderate length real-time composition using muscial tape mixes from my improvisations on Indian Bansuri Flute  tenor saxophone and Basset Horn.

The magic of the system is its’ cpacity to analyze to segment and to propose a formal itinerary (from many available)  while interacting with a live performer (in this case myself). The next step would be to conduct a small ensemble  record this then interact with the new cut-up form proposed by Py-Oracle.

French English C.V.

Etienne Rolin compositeur, soundpainter, improvisateur pédagogue  est né à Berkeley, Californie en 1952. Suite à des études en philosphie et en musique à San Francisco, il poursuit son perfectionnement à Paris auprès  des maîtres Nadia Boulanger, O.Messiaen, I.Xenakis profitant des stages avec F.Donatoni, G.Ligeti, W.Lutoslawski. Il possède un catalogue de au-dela mille opus  allant du solo à l’opéra en passant des ensembles jazz. Il est auteur de plusieurs livres concernant le rapport composition-improvisation (Emerging Ear) aux éditions Tempéraments dont il est co-fondateur.

Actuellement il enseigne l’analyse et l’improvisation au CRR de Bordeaux  au Pôle Supérieure et à l’Université de Bordeaux et donne des concerts de soundpainitng (composition en temps réel)  avec l’Ensemble NASA la musique improvisée au cor de basset et de la musique Hindustani à la flûte Bansuri.

Il prépare un nouvel cahier d’aphorismes pour les saxophones en collaboration avec Claude Delangle pour les éditions Lemoine. Il prépare conférences et performances pour le Tarapaca Sax Fest en Santiago de Chili pour l’été 2016.

Radio France Podcast http://www.francemusique.fr/emission/tapage-nocturne/2015-2016/etienne-rolin-06-05-2016-23-00

 

Etienne Rolin

composer, soundpainter, improvisor music teacher was born in Berkeley, Californie  in 1952.

Following studies in Music and Philosophy in  San Francisco, he continued advanced studies in  Paris with masters  Nadia Boulanger, O.Messiaen, I.Xenakis attending workshops with F.Donatoni, G.Ligeti, W.Lutoslawski. Over the last ten years he was worked closely with Soundpainting inventor Walter Thompson.

His catalogue of works surpasses 1000 opus from solos and chamber music to opera (caverne 3D) including jazz ensembles. He has been commissioned by Ensemble Intercontemporain, Ars Nova 2E2MHe is the author of many books on the relation between composition and improvisation (Emerging Ear) Editions Tempéraments  which he co-founded.

At the present time he teaches analysis and improvisation at the Bordeaux Conservatory and gives concerts of soundpainting (real-time composition)  with his NASA ensemble improvised music on basset horn/tenor saxophone and Hindustani  musique on Bansuri flute with tabla experts John Boswell and Matthias Labbé

 

Recent collaborations include research work with Shlomo Dubnov from UCSD on real -time computing and improvisation, and  duo improvisations with Gyorgy Kurtag Jr.

Mid August 2016 travel to Chile for the Tarapaca Sax Fest in Santiago. He will conduct master classes and performances in Soundpainting.

Radio France Podcast http://www.francemusique.fr/emission/tapage-nocturne/2015-2016/etienne-rolin-06-05-2016-23-00

 

 

 

 

Emerging EAR

 

Mon dernier rassemblement de textes se trouve  dans le livre :

EMERGING EAR pour ecouter et agir

édition Tempéraments  Bordeaux

je livre ici la préface qui est suivie de douze chapitres.

 

Préface

 

L’oreille émergeante, titre de ce fascicule sur la perception sonore, pourrait intriguer plus d’un lecteur amené à penser au concept du troisième œil développé en premier lieu dans la mystique hindouiste et bouddhiste. Rappelons-nous aussi que c’est dans la glande pinéale, organe sis entre les deux yeux chez certains reptiles, que Descartes situait le siège de l’âme chez l’être humain (un troisième œil?). Ici, nous ne proposerons ni une voie mystique, ni quelque opération de chirurgie esthétique, mais plutôt une philosophie de l’écoute et de la perception active dans le domaine artistique.

Voilà plusieurs années que j’ai la chance de vivre des expériences enrichissantes en musique collective en tant qu’interprète ou comme chef d’orchestre. Ces expériences, qui peuvent conduire à la pratique interdisciplinaire, m’apportent un peu de lumière et me renseignent sur la nature du fonctionnement auditif en temps réel.

Dans la vie courante, de nombreuses expressions se réfèrent à l’oreille : l’information est entrée par une oreille et sortie par l’autre ; je sais cela par ouï-dire ; quelle belle « perf » c’était inouï ! Aussi, je me pose des questions sur quantité d’expériences vécues dans notre vie d’artiste et dans la vie de tous les jours. Comment trions-nous, oùstockons-nous toutes ces informations qui nous submergent? Que faisons-nous, de manière créative, avec ces données collectées? Comment l’être humain, grâce à cette créativité, peut-il déployer ses ailes naturelles pour voler à la rencontre de son imaginaire?

Afin de répondre à ces questions, l’idée de la troisième oreille s’imposait à mon esprit. Au cours de ce petit voyage phénoménologique (nous proposerons une réflexion sur la pensée de Merleau-Ponty), il s’agit de donner au concept de la troisième oreille les qualités de captation, d’intégration et d’innovation dans le domaine artistique. Elle pourrait symboliser la faculté de l’être humain à synthétiser les informations en percevant les formes structurelles et à procéder à leur décodage, à les traduire en simultanéité puis à les recevoir, développer et inventer dans l’instant. Avec la pratique assidue, cette activité se met en mouvement sans passer par le calcul mental. Mario Delli Ponti et Boris Luban, dans leur livre au titre homonyme « Il terzo orecchio, dall’ascolto alla musicoterapia » La troisième oreille de l’écoute à la musicothérapie (1996 Ermes, Milano) proposent une définition de l’univers de la troisième oreille :

 

«(…) le potentiel de l’esprit qui expose le matériau dans l’espace artistique et le fait de vivre avec une participation personnelle riche, en saisissant les significations cachées. »

 

Les auteurs italiens concluent que les liens établis entre musique et science pourraient amener l’homme au bonheur. D’autres scientifiques me diront que cette troisième oreille n’est rien d’autre que l’hémisphère droit du cerveau où loge notre imaginaire et qui se manifeste à chacun lorsque nous rêvons. Les philosophes classiques reconnaîtront la voie intérieure socratique. D’autres encore situera la troisième oreille chez l’auditeur succédant l’oreille du compositeur et celle de l’interprète selon Jean-Yves Bras).

Néanmoins, je revendique le caractère poétique et un peu fantastique de la troisième oreille. Concernant les deux hémisphères du cerveau humain, j’avancerais, comme d’autres, l’idée qu’il faudrait créer une passerelle entre eux.

Où se situe la troisième oreille émergeante? Elle se logerait entre rêve et raisonnement, sans être prisonnière des folies del’une ou des froideurs de l’autre. Qu’est-ce qui permet d’éviter le piège d’un cerveau dualiste? Les lecteurs de Bachelard diraient qu’il s’agit de l’intuition de l’instant, à quoi j’ajouterai une activité créatrice prolongeant la perception en situation vécue. À la différence de l’activité spécifique des deux hémisphères du cerveau, la troisième oreille agit au moment-même de l’expérience. Ce vécu est intégré quand il est assimilé corporellement, émotivement et psychiquement. À mon sens, elle nous amène vers le partage, car le réflexe d’une pleine écoute est de rebondir en dialogue dynamique avec d’autres personnes. Il n’y a qu’un pas pour voir comment cette façon de vivre en perception-action peut déborder le cadre artistique pour s’appliquer dans d’autres domaines d’interactions sociales.

Ainsi, ce fascicule s’adresse à toute personne souhaitant approfondir son écoute ou du moins s’interroger sur les capacités de notre organe auditif. La référence à la troisième oreille nous servira à donner du sens aux sensations, ouvrant ainsi la voie du silence sur un chemin philosophique dans l’art de l’écoute.